Un serpent nommé Kuṇḍalinī 🐍

Kuṇḍalinī, terme sanskrit qui veut dire « enroulé », désigne une force vitale (principe féminin) qui s’incarne sous les traits d’un serpent. Elle réside à la base de Suṣumnā Nāḍī, le canal énergétique subtil sur lequel on trouve les différents centres que l’on appelle des Cakra (roue ou disques). Le terme Suṣumnā signifie gracieux tandis que Nāḍī renvoie aux notions de canal, rivière ou tube.

Ganga, Yamuna et Sarasvati sont les trois déesses qui représentent également les trois Nāḍī (rivières ou canaux subtils) Ida, Pingala et Suṣumnā, voies principales par lesquelles le souffle circule dans le corps humain. Suṣumnā représente Sarasvati, déesse du savoir, car une fois que le yogi a accès à Suṣumnā, il est en mesure de réveiller son énergie vitale, Kuṇḍalinī, qui se trouve lovée à la base de la colonne vertébrale.
Avant d’arriver à l’état d’éveil, l’aspirant à la connaissance suprême doit maîtriser les Védas et ses auxiliaires (textes sacrés ici dans la main gauche de Sarasvati) afin d’avoir une bonne base (d’où probablement la référence aux perroquets). © Bibliothèque nationale de France

À l’état dormant, Kuṇḍalinī se repose au niveau de Mūlādhāra, le 1er Cakra. Lequel relie les individus à leur instinct de survie et symbolise leur attachement à la vie terrestre.

Par la pratique, les yogis cherchent à accéder à Suṣumnā et à réveiller le serpent Kuṇḍalinī pour le hisser tout en haut du canal. S’il parvient à atteindre Ajna, le 6e Cakra – centre de l’intuition situé au milieu du crâne – qui relie les individus au monde cosmique, alors le yogi expérimente son appartenance au divin : il est « l’enfant du divin ».

Et si Kuṇḍalinī atteint Sahasrara, le 7e Cakra qui se trouve au-delà du monde manifesté et que l’on représente symboliquement sous la forme d’une couronne sur le sommet du crâne, alors le yogi fait l’expérience de l’absolu et s’établit dans le divin : il est « le divin »

Dans la mythologie grecque, on retrouve également le symbole du serpent entre les mains d’Hermès, le Dieu protecteur des voyageurs, des commerçants, des troupeaux, mais aussi des voleurs…

Hermès est le fils de Maïa et de Zeus, le maître de l’Olympe. Il est rusé comme un renard, rapide comme l’éclair, légèrement mythomane et doté d’une audace invraisemblable. Sa fonction est de la plus haute importance puisqu’il est le messager, et médiateur, des dieux. Il facilite aussi la communication entre le monde des mortels et celui des dieux.

En échange de sa lyre, Hermès reçoit de son demi-frère Apollon une baguette de laurier (ou d’olivier) qui deviendra plus tard son Caducée. Et c’est à l’occasion d’une autre aventure que je ne conterai pas ici… que la baguette s’est vue agrémentée de deux serpents entrelacés et de deux ailes en son sommet.

Cet attribut du dieu messager est un symbole de paix et d’union entre les opposés. Quant aux deux serpents, ils représentent l’union de la terre et du ciel (ou des principes masculin et féminin) et l’éveil de la conscience.

À l’instar d’Hermès et des serpents de son caducée, Kuṇḍalinī assure la communication entre deux mondes et permet aux mortels d’éveiller leur conscience et de s’arracher à leur condition pour s’élever vers (ou plonger dans) le divin.


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