Oṁ, sur l’onde du Divin

Upaniṣad est un terme Sanskrit que l’on pourrait traduire par « s’assoir près de … » comme pour recevoir un enseignement.  Les Upaniṣad sont des textes d’enseignement spirituel et religieux. Les plus anciennes, environ une quinzaine, clôturent le Veda, un corps de textes sacrés qui, selon la tradition, a été révélé (Śruti) aux sages (Ṛṣi) et transmis oralement de génération en génération au sein de la caste des Brahman.

Bhagavatapurana, Texte du IXe-Xe siècle 1793. La lettre om historiée forme la première image de ce manuscrit. C’est encore l’om qui est la première syllabe du texte même, en écriture nagari. Dès les Upanishad anciennes, le son om est considéré comme l’essence de la parole védique, elle-même identifiée au Brahman, c’est-à-dire à l’Absolu, condensé du cosmos. © Bibliothèque nationale de France

Les plus récentes Upaniṣad ont été rédigées pour soutenir et légitimer l’apparition de nouvelles écoles philosophiques postérieures aux 6e et 7e siècle avant notre ère. Leur volume est beaucoup plus important (plus de deux centaines) et parmi elles une vingtaine exposent et décrivent la pratique du Yoga. Ce sont les « Upaniṣad du Yoga ». Ces textes, anonymes et non datés, présentent des pratiques et un enseignement que l’on ne retrouve pas dans les Yoga Sūtras de Patañjali notamment concernant la montée de la kuṇḍalinī.

« La méditation parfaite » (Dhyānabindu) est l’une des plus importantes « Upaniṣad du Yoga ». Elle traite de la question de la méditation en yoga et commence par déclarer que l’adepte qui trouve le silence (le Son qui ne sonne pas) sera délivré du doute.

Dhyānabindu Upaniṣad (extrait)

6.         Et les êtres, tous tant qu’ils sont
sont traversés par l’Âme (Ātman[1])
comme les perles par le fil.
L’esprit serein, la pensée claire,
qui connaît le Brahman
a en lui son assise.

7. Oui, telle l’huile dans les grains,
le parfum dans la fleur,
l’Âme est dans le corps de l’homme
qu’elle enveloppe et qu’elle habite

8.        L’arbre est multiple,
mais son ombre est une ;
en toute réalité,
qu’elle soit une ou multiple,
l’Âme est présente

9.         Ceux qui désirent la Délivrance
méditent sur le Tout,
le Brahman,
le monosyllabe Oṁ (AUM)

Dans le phonème A (Akāra),
première partie du Monosyllabe,
sont nés et se dissoudront
10. la Terre (Pṛthvī), le Feu (Agni), le Ṛg-Veda,
l’exclamation Bhūr[2]
et Brahman le Créateur

Dans le phonème U (Ukāra),
seconde partie du Monosyllabe,
sont nés et se dissoudront
11. l’Espace (Antarikṣa), l’Air (Vāyu), le Yajur-Veda,
l’exclamation Bhuvaḥ [3]
et Viṣṇu le Protecteur

Dans le phonème (Makāra),
sont nés et se dissoudront
12. le Ciel (Dyu), la Lumière (Sūrya), le Sama-Veda,
l’exclamation Suvar [4]
et Śiva le Seigneur

L’ A est jaune, dit-on,
il est énergie (composé de Guna [5] Rajas [6]) qui se diffuse ;
13. l’U est blanc,
il est Lumière (composé de Guna Sattva [7]);
l’ est noir,
il est Ténèbres (composé de Guna Tamas [8])


Dans les strophes 6 à 8, l’Upaniṣad poursuit en affirmant l’existence d’un principe Absolu (Ātman) qui traverse et sous-tend tous les êtres comme le fil d’un collier traverse les perles. Ce principe unique est inhérent à chaque être comme le parfum dans les fleurs et l’huile dans les graines. Tel l’arbre composé de diverses parties, mais dont l’ombre est unique, l’Ātman est simultanément hétérogène et homogène, unique et multiple.

L’ Upaniṣad poursuit, dans les strophes 9 à 12, en célébrant le mantra Oṁ comme « LE » moyen par lequel le yogi peut atteindre la délivrance. Identique à l’Ātman, le son primordial Oṁ réunit en lui l’Univers tout entier (Bhūr, Bhuvaḥ et Suvar).

Selon le Veda, les sons existent au-delà de leur dimension audible. Ils incluent toutes formes vibratoires y compris des formes non audibles, subtiles et réverbérées. C’est au cours de l’évolution des états sonores que  la syllabe Oṁ s’est divisé en 50 lettres pour donner l’alphabet Sanskrit et engendrer les Bija Mantra (une syllabe Mantra).

Celui qui récite le Manta Oṁ peut le prononcer de manière audible, le chuchoter ou seulement le prononcer mentalement (silencieusement). Cette dernière méthode qui constitue la forme la plus subtile et la plus puissante de l’invocation.

Sources :


[1] Ātman: le Soi, principe spirituel universel, l’Âme suprême, l’Absolu, Brahman.
[2] Bhūr : le monde terrestre.
[3] Bhuvaḥ : l’espace, monde astral inférieur, immédiatement au-dessus de la Terre, et similaire au monde matériel.
[4] Suvar : le ciel, monde astral intermédiaire, le troisième des 3 mondes
[5] Guna : les trois qualités ou caractéristiques de l’énergie universelle qui, par combinaison, créent la nature multiforme. Elles constituent tous les éléments de l’univers phénoménal (animé et non animé) et déterminent leurs qualités ou modes d’être : illuminant (Sattva), activant (Rajas) et entravant (Tamas).
[6] Rajas : qualité de mouvement, d’activité, de passion et d’agitation
[7] Sattva : qualité du bien, de la lumière, de la pureté et de l’intelligence 
[8] Tamas : qualité d’inertie, d’illusion et d’ignorance.


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