Connais ton Souffle

Traduit de « Slow learner », texte de David GARRIGUES le 14 avril 2018

Vague ondulante, lithographie, imprimée en bleu – 1914
© The Trustees of the British Museum

Pourquoi le Souffle est-il le meilleur allié du yogi ?

Parce que je suis le copilote de la respiration, mon devoir est de participer activement à remplir et désemplir mes poumons. Ma place est aux côtés du mystérieux Capitaine qui, sans jamais quitter le cockpit, commande le rythme oscillant de ma respiration … fidèle à son poste, toute ma vie durant et jusqu’à mon tout dernier souffle. Pour sûr, le Capitaine sait manœuvrer le vaisseau sans moi. Et je pourrais vivre ma vie entière en ne prêtant que peu d’attention à mon souffle. Pourtant, tant de belles choses se produisent lorsque je fais un effort conscient pour respirer. Je gagne le pouvoir d’améliorer ma santé et trouve le courage de suivre le chemin indépendant de mon cœur.

Mon initiation pour devenir le copilote du souffle commence lorsque je m’éveille à l’action qui se matérialise à chaque instant dans ma poitrine. J’explore ma respiration comme étant une manifestation de la force naturelle du vent et je joue de manière ludique avec mon souffle. Alors que je deviens plus vigilant au fonctionnement rudimentaire de l’inspiration et de l’expiration, je découvre un mystérieux appareil bio-rythmique, un système des plus ingénieux, logé juste au centre de mon corps. Le capitaine ne manque jamais à sa fonction fondamentale qui consiste à me maintenir en vie … et j’aimerais pouvoir en dire de même. Mais quand il s’agit de respirer, je suis constamment oublieux ou pas assez conscient. Je commets des erreurs comme penser que mon souffle se cache ou qu’il disparaît, alors qu’en réalité c’est moi qui disparaît et qui me laisse distraire… le pilote, lui, reste présent, battant continuellement un rythme régulier, et dans l’attente du retour de son copilote.

La pratique du Vinyasa (synchronisation souffle/mouvement) est un excellent moyen pour apprendre à mieux respirer et à travailler de concert avec le pilote. J’utilise l’accroupissement « crouching » (se replier pour se ramasser intérieurement) pour prendre le contrôle manuel sur mon expiration. Plier mes genoux et me recroqueviller en arrière, comme un chat qui s’apprête à bondir, galvanise mon centre et m’apprend à générer une force de contraction qui expulse puissamment l’air de mes poumons.

J’utilise les sauts « springing » pour obtenir un contrôle manuel sur mon inspiration. En me lançant dans saut contrôlé et ciblé, comme un chat qui bondit, je libère de l’énergie vers l’extérieur depuis ma position enroulée et comprends mieux comment créer une puissante expansion dans mon torse. C’est difficile de répéter les mouvements de crouching/springing en permanence et avec sincérité, mais ce travail constant me permet de me rapprocher de la position exemplaire du Capitaine. Je dois imiter sa persévérance acharnée et exploiter ma propre source de créativité si je veux devenir le co-créateur du Rythme. Quand je prends les commandes de mon centre et que je copilote sérieusement le piston de mon diaphragme, mon chemin solitaire prend forme et je trouve le courage de le parcourir seul.

Mais, oh, combien de fois ai-je échoué à honorer convenablement mon souffle ? Combien de fois ai-je oublié comme il est merveilleux de diriger le cycle qui charge et décharge mes poumons ? Je tombe dans l’illusion que la tâche qui m’incombe dans une posture ou à n’importe quel autre moment implique une réalisation plus grande, plus percutante, plus excitante ou plus amusante. Et je m’étonne de me détourner de mes fonctions de copilote et de manquer toute occasion de m’aligner au pilote.

J’apprends peut-être lentement, mais l’idée que prêter attention à ma respiration est une occupation centrale et légitime pour la (ma) vie commence à pénétrer et à s’inscrire profondément dans mon âme de yogi. Mon monde se transforme miraculeusement lorsque je fais cet humble vœu :

Je promets de travailler pour devenir connaisseur de mon propre souffle et relier ma vie à celle du grand Capitaine. Il est la force motrice sacrée qui anime mon souffle, le créateur du grand spectacle magique de ma vie. En tant que copilote, je me donne les moyens de le connaître, lui qui semble parfois éloigné et qui pourtant ne saurait être plus proche.

Pensez à cette phrase du poète Kabir : « Élève, dis-moi ce qu’est Dieu ? Dieu est le souffle à l’intérieur du souffle. »

Plus d’information sur l’auteur : https://davidgarrigues.com/


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